(Gearbox Records / Import)
18/10/2024
Rock

Extrêmement réceptifs au premier volet, paru en mai dernier, de ce diptyque, c’est avec grand intérêt que nous débutons l’écoute de ce second tome de Magnificent Little Dudes. À la différence du précédent, les Japonais ne publient pas cet album en CD, préférant, outre la sortie numérique, une distribution sur vinyle, afin de constituer un double LP quand le projet est saisi dans son ensemble. Afin de se plonger progressivement dans le propos musical de Chihei Hatakeyama et Shun Ishiwaka, pour des pistes qui, comme sur le volume 1, se numérotent simplement avec un « M », M3 ne voit la batterie du second qu’intervenir sporadiquement, par frappes sur les cymbales, certes rythmées mais peu vigoureuses, permettant aux nappes du premier et au déliés de violoncelle de Cecilia Bignall d’installer de longs aplats.
Après cette ouverture proche d’une certaine « musique de chambre post-rock », c’est dans une veine plus proche du free-jazz que les deux Japonais opèrent, avec ces frappes typiques sur la tête des cymbales, ou sur d’autres disques métalliques posés sur les fûts (M2). Sur le titre suivant (M5), c’est à une forme de shoegaze qu’ils se confrontent, avec guitares réverbérées caractéristiques, et attaques plus marquées des toms et caisse claire, tout en conservant des accents free-rock, dans la liberté de jeu d’Ishiwaka. Il en résulte un vertige chez l’auditeur, pris dans les enchevêtrements et accords, saisi par les roulements et enchaînements.
Toujours aussi habiles dans leur gestion de la durée (les quatre morceaux du disque oscillent entre neuf et dix-neuf minutes), Chihei Hatakeyama et Shun Ishiwaka savent se laisser aller à la divagation musicale, sans pour autant relâcher la maîtrise de leurs instruments. De même, les deux musiciens démontrent leurs capacités à construire leur album, en faisant suivre le tourbillon de M5 du plus calme M6, avec son clavier et ses nappes réverbérées. Enregistrés en une seule journée, et témoignant pour autant d’une belle variété de registres ainsi qu’on a pu le décrire, ces quatre morceaux s’avèrent tout aussi probants que leurs prédécesseurs. À eux neuf, ils forment près de deux heures de musique intense et absolument captivante.
le 16/12/2024