(n5MD / Import)
25/10/2024
Electronique

Electronica / n5MD / Suumhow
Lorsque s’avance un album à l’intitulé assez sobre (5ilth renvoyant au fait qu’il s’agit du cinquième long-format du duo) et aux morceaux simplement désignés par une lettre de l’alphabet, on imagine assez facilement que la formation en cause fait le choix de se centrer sur quelque chose de basique, de limiter la prise de risque, voire de revenir à ce qu’elle a pu faire à ses débuts. Pour ce disque de Suumhow, il y a un peu de cela, car les Belges font à nouveau le choix de parer presque toutes leurs mélodies et rythmiques de grésillements et saturations, comme c’était déjà le cas (avec un résultat mitigé) sur Years Failed Successfully.
Ainsi, même lorsqu’on a l’impression qu’une piste va être arythmique, avec de simples nappes chromatiques, des crachotements ou pulsations appuyées et distordues prennent vite le dessus, heureusement entrecoupées de quelques bribes de phrases, dites en français (A, B). L’aspect dérangeant à l’écoute, qu’on soulevait il y a un peu plus d’un an, ne se dissipe pas vraiment à l’appréhension de telles propositions. Certes cette coloration est-elle assumée (le « filthy » masqué dans l’intitulé de l’album), mais elle ne produit pas forcément le vertige que peuvent, quand ils sont bien maîtrisés, susciter de tels effets.
Sur quelques morceaux (D), ces enrobages sont moins présents, laissant davantage de place à un propos plus clair bien qu’alors, ce soient les rythmiques qui se font trop marquées. L’équilibre entre tous les éléments ne se rencontre que sur la face B du disque (décidément, même constat que l’an passé sur la différence de niveau entre les deux moitiés des albums de Suumhow) (E, G et surtout H, dans sa seconde moitié), bonnes respirations comme peut l’être le totalement arythmique F, au charme de tombée du jour.
le 30/12/2024