(arjunamusic / Import)
15/11/2024
Electronique

Poursuivant son parcours avec le même schéma instrumental (batterie acoustique, synthés modulaires et électronique) Samuel Rohrer parvient à faire évoluer son propos, se rapprochant du future jazz sur ce nouvel album, pour lequel il fait à nouveau le choix de travailler ses morceaux dans la durée (pas un titre ne dure moins de quatre minutes et trente secondes). Les frappes sur la cymbale, comme l’aspect délié des lignes mélodiques ou cette forme assez libre de combinaison entre organique et acoustique traduisent assurément cette inclinaison majoritaire. Renforçant cette impression, le Suisse convie la trompette, aérienne bien que jouée en sourdine, de Nils Petter Molvaer sur The Gift.
À d’autres endroits, l’électronique pure semble prendre le dessus, avec des sons plus mats et des perspectives qui se rapprochent alors du dub (Labrynthia Many Rivers, ou Rewired Paradise, piste-bonus uniquement disponible dans la version numérique de Music For Lovers). Même sentiment d’être face à quelque chose de plus dense et de moins lumineux quand le synthé s’oriente principalement vers des notes graves, dans le long et itératif Love And Warfare.
L’avantage d’utiliser un synthé modulaire, c’est qu’on peut… moduler les sons, et venir conférer un aspect plus psyché à certaines mélodies (The Parish Bell). Plus loin, l’entrée de la caisse claire et de la grosse caisse structure Schizophonia et l’attire vers une sorte de psyché-rock un rien pataud, mais rendu suffisamment intéressant par le travail de trituration et d’étirement des notes provenant du synthé. Plus généralement, ce constat pourrait résumer notre regard sur ce disque qui, de prime abord, pourrait apparaître comme trop chargé, mais révèle de bien beaux atours.
le 14/01/2025