(130701 / PIAS)
30/11/2024
Classique

Quand s’avance un disque de piano solo, sur des labels comme Schole ou 130701, qui ont fait de ce registre l’un de leurs marqueurs, c’est toujours avec un peu de circonspection qu’on s’attèle à son écoute. Ce format peut, en effet, conduire à des suites de morceaux sans véritable âme, à la limite du décoratif ou de l’ornementation un peu chic. Pour éviter ces écueils, Rikuto Fujimoto fait le choix, sur la moitié des titres, de chantonner en même temps qu’il joue du piano, avec une voix un peu androgyne, proche du falsetto, dont on ne saisit guère les paroles, ni même la langue dans laquelle elle opère, mais qui instille un véritable charme, à mi-chemin entre berceuse douce et étrangeté curieuse, notamment quand le Japonais officie par vocalises et « la-la-la » (New Dawn).
Musicalement, il assume une certaine joliesse des suites de notes, tissant des bribes mélodiques au soutien de son chant ou en regard de captations sonores (telles ces vagues sur Seashell, ce ballet de feuilles mortes à la fin de Michikake (Circle Sketch) ou ces bruits de rue sur Intersection 1). Sur les morceaux purement instrumentaux, Rikuto Fujimoto peut orienter son piano vers quelque chose de plus cadencé, presque dansant (Awai (Interlude)), ou bien vers des rivages plus élégiaques (Leaving Afar, Into The Blue). Tirant profit de la brièveté de ses propositions (deux-tiers des morceaux durent moins de trois minutes), le Tokyoïte élude toute mise en place, mettant immédiatement en place tous les ingrédients de chaque piste, pour livrer un recueil plutôt séduisant.
le 21/01/2025