Indestructible

 auteur

Manon Worms & Hakim Bah

 metteur en scène

Manon Worms & Hakim Bah

 date

du 27/01/2025 au 08/02/2025

 salle

Théâtre de la Cité Internationale,
Paris

 appréciation
 tags

Manon Worms & Hakim Bah / Théâtre de la Cité Internationale

 liens

Théâtre de la Cité Internationale

 dans la même rubrique
du 19/03/2026 au 04/04/2026
Ce soir j’ai de la fièvre et toi tu meurs de froid
(Théâtre Paris-Villette)
du 10/03/2026 au 13/03/2026
Veiller sur le Sommeil des Villes
(Théâtre Ouvert)
du 04/02/2026 au 15/02/2026
À condition d’avoir une Table dans un Jardin
(Théâtre Gérard-Philipe)
du 28/01/2026 au 06/02/2026
Dialogue avec ce qui se passe
(Théâtre Public de Montreuil)

Annoncé comme un spectacle retraçant les luttes sociales cristallisées en 1968 à l’usine Peugeot de Sochaux, Indestructible prend pour titre le surnom donné alors à la 504, dont la sortie, initialement prévue en juin de cette année, fut reportée au mois de septembre en raison des évènements du mois de mai. Alors qu’on aurait pu imaginer un récit assez linéaire, avec un tel point de départ, le début de la pièce se fait un peu confus, mélangeant temps présent, année 1960, année 1967 et année 1968. Stabilisée ensuite dans cette dernière, la narration met en parallèle l’histoire de Cathy, étudiante lettrée qui quitte Paris et son amoureuse pour aller se faire embaucher à Sochaux (pour y rêver d’un « nouveau mai ») et Bakary, Malien passé par les docks de Marseille avant d’atterrir chez Peugeot.

La vie quotidienne de l’usine, images d’archives à l’appui, se trouve très bien dépeinte et représentée, par un ballet de seaux et de poulies, actionnés pour figurer le travail à la chaîne des ouvriers, opérant dans des bruits industriels, et hésitant à faire grève. Pour servir ce propos, la scénographie de de Clara Hubert et Ninon Le Chevallier impressionne par son adéquation : la large cage de scène se trouve presque mise à nu, avec de larges néons sur les côtés, les cintres apparents, du métal, des pneus et bâches au sol. Les interactions des comédiens avec tous ces éléments finissent par happer l’attention, possiblement davantage que l’attendue convergence des luttes entre la jeune lesbienne révoltée et l’immigré au regroupement familial duquel le contremaître menace de ne pas donner d’avis favorable.

Plus encore, Manon Worms et Hakim Bah esquissent parfois des échos avec le présent, tels les sentencieux monologues finaux, naturellement donnés face public, qui cherchent ouvertement des résonances avec les récents mouvements sociaux : « les champs, révolution ! les tours, révolution ! les ronds-points, révolution ! les corps, révolution ! ». On se dit alors que, parfois, s’en tenir à un théâtre-documentaire, c’est déjà très bien.

François Bousquet
le 31/01/2025

À lire également

du 14/07/2015 au 02/08/2015
Sans Objet
(Théâtre de la Cité Intern)
du 31/05/2007 au 30/06/2007
Tout le bonheur est à (…)
(Théâtre de la Cité Intern)
du 02/06/2008 au 28/06/2008
Le Cabaret des Utopies
(Théâtre de la Cité Intern)
du 11/01/2007 au 21/01/2007
I Look Up, I Look Down
(Théâtre de la Cité Intern)