(Miasmah / Import)
31/01/2025
Electronique

Mine de rien, cela faisait près de trois ans que Miasmah n’avait pas sorti de disque centré sur le violoncelle. Après avoir beaucoup opéré dans ce registre (les albums de Svarte Greiner, Clarice Jensen ou Joana Guerra), le label basé à Berlin avait exploré d’autres champs, toujours dans une veine un peu sombre ou expérimentale, mais délaissant l’instrument à cordes. Repérée par une cassette publiée il y a un peu moins d’un an, Olga Anna Markowska permet de reprendre ce fil, pour un long-format où le violoncelle se trouve habilement croisé avec une cithare et des effets électroniques.
Passés quelques moments où une seule ligne de violoncelle est placée en avant (Dawn ou Dusk) et ceux dans lesquels les éléments synthétiques emplissent tout l’espace sonore (Fever Dream), Iskra combine arpèges joués à la cithare et long travail à l’archet sur les cordes du violoncelle (Train Ride Home), ou bien empile les mesures données par ce dernier (Unfolding). Les apports électroniques (principalement des nappes et souffles) de la Polonaise viennent s’incorporer sans peine à ces ensembles, soulignant la profondeur naturelle des instruments, et accentuant le léger vertige que peut conférer l’aspect circulaire de ces propositions musicales.
Alors, assurément, avec un tel menu, hébergé a fortiori à cette adresse, on ne sera pas surpris de se trouver face à des morceaux à la noirceur certaine (A Heart Is An Eye). Face à ces offres aux contours trop marqués, la présence de la cithare apporte une lumière bienvenue (Train Ride Home, déjà cité, ou Helix) et invite à considérer un peu autrement ce premier album d’Olga Anna Markowska.
le 12/02/2025