Shane Aspegren

Emblems Of Transmuting Heat

(Autoproduit / Internet)

 date de sortie

31/01/2025

 genre

Electronique

 style

Ambient

 appréciation

 tags

Ambient / Autoproduit / Shane Aspegren

 liens

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Appâté par un EP publié quatre mois avant ce premier long-format, on entre dans Emblems Of Transmuting Heat avec de vraies attentes, mais aussi une petite surprise car ce n’est pas sur Prohibited Records que Shane Aspegren fait paraître son album, mais sans label. Cette orientation, couplée au fait que le long-format est sorti en version numérique uniquement, accompagnée d’un album d’images, de 44 pages, réalisées par l’artiste lui-même, résonne avec l’évolution musicale proposée par rapport au EP précité. En effet, la conjonction de textes et de boucles électroniques, qu’on trouvait déjà sur Describing The Thing, se fait encore plus marquée ici, comme l’effacement des rythmiques, qu’elles proviennent de la batterie (à laquelle on associait jusqu’alors le musicien) ou d’apports électroniques. Il semble s’agir, ainsi, de proposer des illustrations sonores, d’inviter l’auditeur à une certaine divagation, au gré de la contemplation des photos-montages, plutôt que d’aller sur un terrain plus expérimental.

Ce faisant, Shane Aspegren peut accentuer certaines qualités découvertes sur ce précédent disque, telle cette capacité à créer des boucles circulaires, presque psyché, et à les travailler sur la durée (les six minutes trente d’Unshaping). Coloration voisine sur Loose Points, où Nicolas Laureau vient jouer du sitar et confirmer cette option stylistique. À côté de cela, les percussions et pulsations n’ont pas totalement disparu du répertoire du musicien, apparaissant, par exemple, sur le riche Deep Delta, sous la forme d’instruments qu’on croirait frappés avec les mains, venant soutenir différents développements mélodiques provenant notamment de flûtes. On retrouve, ailleurs, sur le plus dépouillé Serious Thermal Waters, des petites cymbalettes, venant ponctuer un propos fait de nappes.

Pour autant, au global, quelque chose semble manquer sur Emblems Of Transmuting Heat, comme si la musique à elle seule ne suffisait pas (sachant qu’en parallèle, nous avons eu accès au livre d’images, qui ne nous a guère convaincus) et qu’elle se montrait trop décorative et manquait de corps.

François Bousquet
le 13/02/2025

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