(-ous / Import)
07/02/2025
Rock

Lorsqu’un batteur et un électronicien se rencontrent, on peut imaginer deux grands types de résultats : une livraison plutôt minimale ou bien une approche plus sonore, portée sur les envolées respectives. Avec Porœs, c’est la seconde veine qui est poursuivie par les deux Suisses, dans un registre expérimental assumé, faisant la part belle à des improvisations sur des durées allant de deux à douze minutes. La palette sonore de la batterie de David Meier se montre assez large : toms, caisse claire, cymbales, percussions sèches et ustensiles divers, souvent joués dans une perspective entre free-jazz et rock débridé. Face à cela, Simon Grab lâche sons saturés et fragments synthétiques issus d’une console configurée en « no-input » (les entrées étant raccordées directement aux sorties, afin de jouer sur la résonance intrinsèque de l’appareil).
Assez complémentaires, les musiciens peuvent tous deux se placer sur le terrain de tapotements (Mafic avec un jeu aux balais de Meier), d’un travail plus syncopé (Igneous) ou bien d’une déclinaison beaucoup plus riche (Stream), voire chargée (Pillow). Dans ce dernier cas, l’écoute s’avère assez exigeante, voire un peu repoussante compte tenu de l’opulence des sons convoqués, et du caractère distordu et élevé des fréquences employées, constat qui trouve une forme de paroxysme dans le caudal Glow avec poussées sonores assumées et larsens. Voici typiquement le genre de proposition qui prend certainement davantage de sens en concert, afin de profiter des interactions et de la physicalité des interventions du binôme.
le 28/02/2025