(Constellation / Modulor)
14/03/2025
Electronique

Toujours en quête d’évolution, T. Gowdy explore, avec ce troisième album sur Constellation, une veine située entre électronique et baroque, avec des matériaux aux consonances typiques de ce registre qui interagissent avec les rythmiques et strates sonores mises en place par ailleurs. C’est ainsi que Courante se fonde sur une pièce du luthiste du XVIIe siècle François Dufault, avec ses lignes mélodiques mineures caractéristiques, rehaussées par quelques traitements électroniques impeccablement sertis. Même renvoi à ce répertoire avec les vocalises qui parcourent un Anonymous IV au dépouillement et à l’écho certains (et qui renvoie aux conditions d’enregistrement de Trill Scan, en partie saisi dans une église de Québec), un Blest Age ! aux tonalités quasi-new age, un Anonymous V aux accents de techno minimaliste par ailleurs, ou un Strewn qui vient conclure l’album en combinant tous ses aspects.
Avec ce tropisme en tête, on se prend à déceler des exhalaisons baroques un peu partout : sur la guitare digitalisée de Novus Lumen, par exemple, voire aussi dans les boucles dub d’Arislei Bone. Cette coloration permet donc d’apporter une forme de souffle nouveau à T. Gowdy, en constante recherche formelle, et qui s’essaye également, avec un résultat mitigé, au chant sur plusieurs morceaux (Novus Lumen, Pentaarc ou Strewn). En parallèle, le Canadien sait aussi durcir le propos avec une rythmique rapide et régulière et des accents plus martelés, sur un Flit interrompu très sèchement juste avant les trois minutes, ou bien installer des formes séquentielles mises en boucle (Strewn).
le 18/04/2025