(Constellation / Modulor)
14/03/2025
Electronique

À la différence de l’intervalle précédent entre ses deux albums sur Constellation, Joni Void n’a fait paraître aucune sortie sur aucune autre structure. C’est donc sur le label montréalais que son nouvel effort de collages pop, constitutifs de morceaux électro aux nombreux invités chargés d’officier au chant. La liste des crédits reflète, d’ailleurs, cette situation avec plusieurs samples identifiés, des instrumentistes et chanteurs salués, dans la lignée de l’album précédent (les intitulés sont, au reste, assez voisins) avec ce sentiment d’être bousculé musicalement, entre les différentes sources à laquelle le Franco-Britannique s’abreuve, mais qui, prises dans leur totalité, constitue un ensemble plutôt cohérent.
Avec cette présence de chanteuses japonaises, l’album prend assez rapidement des inflexions « mignonnes », soumis à cette coloration typique que peuvent apporter ces voix de femme-enfant (HACO et Ytamo, ici), surtout quand elles se trouvent rehaussées par des petites mélodies ou des grelots. Le travail de sélection et d’échantillonnage conduit toutefois régulièrement à des propositions un peu bancales, à l’image d’In-Between Places, dont on reconnaît une partie du Faking The Books de Lali Puna, dans une première partie (affublée d’une petite rythmique) convaincante, avant que la seconde moitié ne parte un peu dans tous les sens.
Mais il faut savoir passer outre, et goûter les choix faits par Joni Void, capable d’enchaîner un instrumental au tempo lent et lourd (Event Flow - A Sequence) et un morceau chanté par le rappeur Pink Navel (Story Board), ou bien d’offrir un dernier titre touchant (Joni Sadler Forever), dans lequel la batterie du défunt Joni Sadler (directeur de la communication de Constellation) prend une large place, avant de laisser Louise Forestier chanteuse des années 1960, conclure par un « ça vient, de tellement loin » plutôt émouvant.
le 24/04/2025