(Hubro / Outhere Distribution)
04/04/2025
Rock

Erlend Apneseth / Folk / Hubro
Après un Nova qui l’avait vu opérer pleinement en solo, le nouvel album d’Erlend Apneseth reprend la logique de Fragmentarium : intervenir aux côtés de nombreux autres musiciens, amis et compagnons de route de longue date, pour des morceaux plutôt longs mais peu nombreux (sept sur ce disque de 2020, six cette fois-ci). Le résultat s’avère assez voisin, avec un rendu trop souvent proche d’un certain foisonnement, pas éloigné d’une ambiance « bœuf » ou « jam », débridée et pas toujours tenue. À preuve, le morceau-titre où toute cette joyeuse sarabande s’ébroue gaillardement, mais de manière un peu complaisante aussi, l’accordéon de Frode Haltli croisant les percussions d’Hans Hulbækmo, les flûtes d’Henriette Eilertsen ou les différents violons. Précisément, la multiplication des violons Hardanger (trois, en plus de celui d’Apneseth) tend à conférer une couleur un peu trop aigue à l’ensemble.
Lorsqu’une petite chorale s’improvise, à base de vocalises dénudées, on trouve une forme d’apaisement bienvenu, plage de repos avant de repartir, sur le même morceau, sur des territoires plus effrénés, soutenus par la contrebasse de Mats Eilertsen et une batterie (Spring). Autre limite du choix stylistique opéré : donner l’impression de ne jamais vraiment commencer, d’être sur un long plateau d’accordage, dans lequel tout le monde se cale, sans véritablement que le morceau ne débute (les cent-cinquante secondes de Trø sont, à cet égard, assez symptomatiques).
Pour autant, et même si l’on peut se montrer assez dur (possiblement car les attentes sont fortes à l’endroit d’un musicien largement apprécié de ces pages), le parti-pris d’une musique folklorique à la fois vernaculaire et actuelle, qui sait aussi regarder vers la musique contemporaine, est tenu.
le 16/05/2025