(Gizeh Records / Import)
04/04/2025
Rock

Pensé un peu en réaction à Ruins Era, publié l’an passé, We Are Not Our Dread ne comprend que quatre morceaux étirés sur quarante minutes (contre près de soixante-dix pour le précédent disque d’A-Sun Amissa) et agit dans un registre moins chargé. Si Richard Knox officie à nouveau à côté de Claire Knox et Luke Bhatia (toujours accrochés respectivement aux clarinette et piano, et à la guitare électrique et synthé basse), le post-rock des Anglais prend alors le parti d’empiler moins de couches sonores, tout en conservant un léger regard vers le doom.
Les climats assez capiteux d’Electric Tremble ouvrent ainsi le disque de manière un peu trompeuse, avant qu’une certaine luminosité n’émane d’All The Sky Was Empty, avec ses nappes plus chaleureuses, ses notes détachées, sa saturation contenue et sa belle maîtrise d’ensemble. Tandis que la piste d’ouverture pouvait ressembler à une chute de studio du disque précédent, on aperçoit plus distinctement, à partir de ce deuxième morceau, ce qu’A-Sun Amissa souhaite développer sur ce nouvel album : une forme plus ramassée dans son expression, laissant une belle part aux notes esseulées des six-cordes de Richard Knox au détriment des orages distordus. En parallèle, Claire Knox, dont la clarinette se fait difficile à distinguer, pose ses vocalises spectrales sur Our Hearts Bent As Crooked Lightning, presqu’entièrement tourné vers son chant et son dialogue avec des trémolos de guitare saturée.
Cette grosse demi-heure (si on met donc de côté la piste d’ouverture) offre, de ce fait, une forme de retour à une version plus tenue d’A-Sun Amissa, quand bien même le résultat ne témoigne pas d’une singularité folle.
le 22/05/2025