(TON / Import)
21/03/2025
Electronique

Ambient / Fourcolor / Keiichi Sugimoto / Pop / TON
Après plus de dix ans de pause discographique, voici que Fourcolor recommence à publier un album par an, et en profite pour faire évoluer un peu son registre, à l’occasion de la parution de ce disque sur TON, label de Bienne (en Suisse) dont il constitue seulement la deuxième référence. Délaissant légèrement l’ambient lumineuse qui avait fait la qualité de ses précédents ouvrages, le Japonais se dirige vers quelque chose de plus immédiat, annoncé dès le début de ce Moko, porté par la voix de Moskitoo, compagne de route de longue date.
Chant affirmé sur ce Stof d’ouverture, voix plus fragmentée sur Setsuna, onomatopées en bribes sur Float On Numeral, vocalises tenues et « hoquets chantés » sur Unintersect : la jeune femme ponctue, de sa participation, ce long-format et en colore, ainsi, la tonalité : un peu pastel, un peu mélancolique. Les textures que Keiichi Sugimoto peut poser par ailleurs paraissent, alors, bruisser de la même présence (quand bien même elle n’y chante pas), avec une certaine fragilité et une jolie délicatesse (Atto Drop).
La capacité de Fourcolor à délivrer des composantes lumineuses, quasi-scintillantes, ne se dément cependant pas (les belles matières issues de sa guitare sur Stationary Velocity), bien que le Japonais sache également aller vers des rivages plus tourmentés, avec des propositions plus sombres et denses (Misty). Avec le Thousandth Key de clôture, et comme c’est souvent le cas, Sugimoto paraît retourner à ses premières amours, avec textures tremblotantes, tapotements chromatiques et mini-souffles. Manière de se dire que l’inclinaison pop-ambient de Moko n’était qu’une parenthèse ? ou bien simple clin d’œil à son passé ? L’avenir le dira.
le 20/05/2025