(Hubro / Outhere Distribution)
13/06/2025
Jazz

Formation typique de ce que peut être un « supergroupe » (ces ensembles constitués par des musiciens déjà célèbres par ailleurs, et qui multiplient déjà les projets), Beiggja rassemble une Néerlandaise et trois Norvégiens, dont deux très suivis et appréciés de nos pages : Kjetil Mulelid au piano et Mats Eilertsen à la contrebasse. Bien souvent, c’est avec circonspection que ce type d’entreprise est reçu, entre suspicion d’opportunisme et perplexité face à la pertinence et au résultat, d’autant plus quand aucune information n’est donnée quant à une pérennisation de la chose. Ici, si un indice nous est donné par les quelques concerts programmés pour le quatuor, rien ne dit qu’un autre disque interviendra, mais la confiance dans le label Hubro qui les accueille, comme dans les musiciens pris individuellement, nous invite à recevoir favorablement ce projet.
Portés par les saxophones de Kika Sprangers, aux envolées chaudes et mélodiques, les dix morceaux du disque permettent à chacun des quatre musiciens de prendre une pleine place, que ce soit dans les titres plutôt calmes, que dans ceux plus enlevés (avec tempo plus élevé, contrebasse effrénée et batterie de Per Oddvar Johansen à l’avenant, tel sur Love Story). Le piano de Kjetil Mulelid peut aussi ouvrir quelques pistes (Morning) en conserver la mainmise (Tuvals), ou bien soutenir les partitions de saxophone par des roulements dans les mediums (Far).
Dans les propositions plus calmes (Love Cycle), une forme de mélancolie naît assez évidemment à l’écoute des volutes de saxophone et des déliés de piano, tandis que contrebasse et batterie structurent tout simplement un ensemble, possiblement trop feutré mais vraiment bien exécuté et touchant.
le 22/07/2025