(Tonal Union / Import)
13/06/2025
Rock

Nouvelle proposition en provenance de Tonal Union, dans un registre minimaliste et travaillé qui fait partie de ceux qu’affectionne le label londonien, Day-Blind nous parvient sous la forme d’un beau LP transparent, format bien assorti pour une musique humble et discrète. De fait, le jeune Gabriel Brady a composé ses sept titres (pour une grosse vingtaine de minutes) à partir de notes éparses de piano, pincements de cordes de bouzouki ou de violon, passés ensuite au tamis d’un synthé modulaire. Ce traitement renforce alors l’aspect tremblotant, presque chétif du propos, dont on ne sera pas surpris d’apprendre qu’il a été écrit dans sa chambre d’étudiant, à Harvard.
Les mises en boucle s’enchaînent, comme les triturations, pour un résultat qui conserve en permanence une dimension très organique et acoustique, ainsi qu’une profonde sincérité. Souvent posées sur des souffles, les interventions de piano, violon ou bouzouki paraissent venir de très loin (à la fois temporellement et géographiquement), comme exhumées et pas encore complètement défaites de leurs oripeaux. Déjà rencontré chez d’autres musiciens, pour des disques dont ces pages ont fait mention par le passé, ce procédé trouve, ici, une singularité dans la jeunesse de Gabriel Brady, membre d’une génération qu’on n’aurait pas forcément imaginé se tourner vers ce registre.
Pour autant, l’Étatsunien ne cède pas tout pouvoir à ses instruments, et sait intégrer, au-delà des matériaux déjà cités, quelques autres apports, tout à fait bienvenus, à l’image de ces quasi-pulsations à la fin d’Untitled. Si la brièveté de Day-Blind conduit parfois à interrompre de manière un peu abrupte un morceau (tel Ambrosial), cet album constitue bien une belle découverte supplémentaire faite par Tonal Union.
le 23/07/2025