Amosphère

Cosmogonical Ears

(Hallow Ground / Import)

 date de sortie

20/06/2025

 genre

Electronique

 style

Electroacoustique

 appréciation

 tags

Amosphère / Electroacoustique / Hallow Ground

 liens

Hallow Ground

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Préfiguré de longue date (une tournée avec FUJI||||||||||TA en 2021, une participation à l’excellente compilation Epiphanies du label de Lucerne en 2022), l’arrivée d’Amosphère sur Hallow Ground nous permet de rendre compte du travail discographique de la Française. De fait, déjà vue deux fois en concert, la jeune femme n’avait pas encore fait l’objet de recension d’un de ses travaux enregistrés, malgré la publication d’un premier LP sur ThirtyThree ThirtyThree Records. Avec sa photographie de pochette en négatif, la montrant en train de manipuler un synthé analogique, son blanc tournant sur cette même pochette, son écriture cursive et le beau vinyle argenté dans lequel il paraît, Cosmogonical Ears présente tous les atours d’un travail de recherche au chromatisme contenu, centré sur quelques instruments dans un registre entre électroacoustique et minimalisme.

Occupant l’intégralité de la face A, Land of Eternal Delight débute par la présence de la flûte traversière de Marc Lochner et la trompette de Thomas Lefevre. Marquée par une grosse présence du souffle expiré dans leurs instruments à vent, l’intervention de ces deux musiciens apporte chaleur et consistance, rejointe ensuite par quelques accords de synthé et orgue électronique, dans une forme de conversation assez riche. Apparemment étales, les quelques notes posées par Lochner et Lefevre prennent pourtant, au fur et à mesure des vingt-deux minutes du morceau, des atours de plus en plus humains, à la limite de la plainte ou du gémissement, possiblement étirés et traités par les machines d’Amosphère.

C’est avec un seul comparse que la Française agit sur la face B : la flûte de Lochner tout d’abord, la clarinette basse de Miao Zhao ensuite. Pour Teleportation, des sons micro-électroniques, entre minimalisme et larsen, pépient à la surface tandis que des accords plus profonds et des notes tenues tapissent l’arrière-plan, dans une atmosphère qui, progressivement, devient de plus en plus élégiaque et mystique. Si l’orgue d’Amo Vaccaria et son synthé analogique poursuivent dans cette veine sur Black Hole In, White Hole Out, la clarinette basse de Miao Zhao apporte une coloration plus grésillante et nasillarde. C’est donc un peu à fronts renversés que jouent ces trois instruments, puisque les vibrations parasitées proviennent de la clarinette alors que le synthé analogique propose quelque chose de plus continu. Cette inversion des rôles se trouve bien à mettre au crédit d’Amosphère qui, avec ce disque, confirme nos bonnes impressions précédentes… en attendant de la retrouver sur scène prochainement.

François Bousquet
le 29/07/2025

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