what we do when in silence

s/t

(Holidays Records / Import)

 date de sortie

19/09/2025

 genre

Rock

 style

Expérimental / Improvisation

 appréciation

 tags

Enrico Malatesta / Expérimental / Holidays Records / Improvisation / Nicola Ratti

 liens

Nicola Ratti
Holidays Records

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Avec un intitulé d’album équivalent à celui du groupe, des musiciens largement actifs par ailleurs (en solo comme dans différents projets) et des noms de morceaux tous dénommés « sessione » suivi d’un numéro, on est clairement face à une proposition dont on ne sait guère si elle perdurera par-delà le présent disque. Penchons-nous donc, sans tarder, sur cet album de what we do when in silence, trio d’improvisateurs et amateurs de musique contemporaine et expérimental. Alors qu’une telle offre (guitare électrique, synthétiseurs et percussions) aurait pu conduire à un ensemble très débridé, nerveux et foisonnant, les Italiens optent plutôt pour une approche plus mesurée, avec travail parcimonieux, suites de petites notes données à la six-cordes, de frappes éparses sur les fûts et cymbales, et de participations limitées de clavier.

Dans un tel contexte, plusieurs questionnements apparaissent sur la nature de tel ou tel son : provient-il du synthé de Nicola Ratti ou de la guitare d’Alessandra Novaga ? ces sortes de grattements sont-elles des cordes de guitares étouffées ou des roulements de batterie mis sous le boisseau ? ces petits coups sans résonance viennent-ils d’une percussion sèche en bois ou bien d’un synthé réglé pour n’avoir aucun écho ? Au-delà de ces indistinctions assez stimulantes, voire amusantes (dans une forme de légèreté et de détachement qu’on retrouve via les sifflotements entendus régulièrement sur le disque), les trois musiciens, très bien accordés, savent aligner leurs tonalités.

Ainsi, quand synthé et guitare s’orientent vers des notes plus graves, les fûts sont joués de manière détimbrée, accompagnés de frappes sur leurs cadres, pour une tonalité générale très mate (sessione 5b), ou bien quand le jeu d’Enrico Malatesta se concentre sur les têtes de cymbale, au rendu très métallique, Alessandra Novaga tire plus franchement sur ses cordes de guitare (sessione 12a), ou bien encore quand guitare et synthé jouent d’un effet « wah-wah », des percussions métalliques plus graves sont utilisées, dans une veine un peu psyché (sessione 6a). Certes, c’est un peu la base du travail en commun que de coordonner ainsi ses interventions mais, ici, elles paraissent tout naturellement s’articuler, dans une fluidité et une spontanéité évidentes.

François Bousquet
le 22/09/2025

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