Bridget Riley : Point de Départ

 date

du 21/10/2025 au 25/01/2026

 salle

Musée d’Orsay,
Paris

 appréciation
 tags

Bridget Riley / Musée d’Orsay

 liens

Musée d’Orsay

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Alors que c’est toujours un plaisir de voir des œuvres de Bridget Riley (comme il y a quelques mois dans l’exposition Electric Op du Musée d’Arts de Nantes), et que sa belle monographie au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris remonte à 2008, la Britannique voit le Musée d’Orsay lui consacrer quelques salles à son cinquième étage. Invitée à dialoguer avec Georges Seurat, figure post-impressionniste qui compte parmi les plus célèbres du musée, l’Anglaise y retrace un lien tissé de longue date, et remontant à sa découverte du Pont de Courbevoie, qu’elle reproduisit en 1959 avec un cadrage et des teintes similaires, mais des coups de pinceau plus épais et plus larges. De là débute un parcours chronologique, qui voit la peintre se diriger vers des formes de plus en plus abstraites.

Si l’évolution, réalisée au tournant des années 1960, n’est pas forcément très explicitée ou documentée, passant de manière un peu abrupte de toiles comme Blue Landscape ou Pink Landscape à des gestes purement géométriques tel Tremor, la volonté de provoquer une vibration dans l’œil du visiteur perdure, quels que soient les registres suivis. À la touche impressionniste de Seurat, ou sa veine plus pointilliste qu’on retrouve dans Cirque, répondent ainsi les ondulations de Cataract 2, les petits triangles formant de grands triangles de Tremor ou les jeux de proximité des bandes colorées de Cornflower.

Bridget Riley - Cataract 2
© Bridget Riley 2025. All rights reserved.

En milieu d’exposition, des esquisses et études, aussi bien de Seurat que de Bridget Riley, témoignent du travail préparatoire, très soigné dans les deux cas, avec ces traits-guides au crayon ou ces variations préalables. Les formats s’agrandissent avec le temps, pour parvenir à d’éclatantes réussites comme ce Cataract 2 qui donne le sentiment d’être face à une voile de bateau ondoyant. Des jeux d’optique sont également proposés par la plasticienne, sur les couleurs ou sur la forme des bandes, qu’on croit droites mais qui s’avèrent biseautées. Les voisinages de teintes utilisés par les deux peintres font, en outre, écho aux jeux visuels déjà relevés, accréditant la pertinence de ce dialogue par-delà les générations.

François Bousquet
le 19/12/2025

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