du 25/09/2025 au 11/01/2026
Le Plateau / FRAC Île-de-France,
Paris
Avec ses blouses, robes longues, tuniques, kimonos, casaques et housses de costume, Mathilde Denize dispose, au sein du Plateau qui l’accueille pour une exposition personnelle, tout un éventail de tenues qui donne l’impression de pénétrer dans une loge de théâtre ou une caravane de star de cinéma. Installés en pied ou accrochés sur des toiles, ces vêtements s’assemblent en une scénographie qui renforce ce sentiment, quand bien même l’espace du lieu se montre très ouvert puisque pratiquement toutes les cloisons ont été abattues, permettant au visiteur d’embrasser la quasi-totalité du parcours en un seul regard. Pour accompagner ce mouvement, une bande filante d’une quarantaine de centimètres de large court sur les murs périphériques, à hauteur d’yeux, peinture murale agissant dans les mêmes tonalités que les tenues : rose passé, lilas, violet, bleu ciel. Combinées à quelques reflets pailletés, ces couleurs pastel figurent un ensemble proche du merveilleux ou de certains films des années 1970.
Alors qu’un tel geste nous rappelait furieusement des propositions d’autres plasticiennes, quelques œuvres se montrent plus intrigantes telles ces Long Story, sortes de jambes géantes au pied desquelles une boule en céramique fait office de pied-bot, ou bien cette robe à bras bouffants en bronze patiné. De même, les compositions parfois hétéroclites de Mathilde Denize (collages de vinyle et feutrine sur la toile, montage vidéo de bouts de film capturés à l’iPhone) démontrent une certaine singularité, comme sa volonté, et celle de Céline Poulin (directrice du Plateau et commissaire de Camera Ballet), de prévoir un espace de pratique libre au seuil de l’exposition. Doté d’un portant à vêtements affublé de quelques habits proches de ceux présentés dans le parcours, il se trouvait, lors de notre visite, investi par des enfants qui coloriaient et dessinaient, créant, à leur façon, d’autres imaginaires que ceux suscités par l’artiste.
le 05/12/2025