Festival Présences Électronique 2026 : Julia Giertz / Norbert Möslang / Katarina Gryvul / Yellow Swans

 date du concert

13/02/2026

 salle

Maison de la Radio et de la Musique,
Paris

 tags

Festival Présences Électronique 2026 / INA / GRM / Maison de la Radio et de la Musique / Norbert Möslang / Pete Swanson / Yellow Swans

 liens

Yellow Swans
INA / GRM
Norbert Möslang

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Passées les festivités des 20 ans de Présences Électronique, la manifestation annuelle retrouva son créneau hivernal, pour trois nouvelles dates permettant de croiser figures tutélaires (Yellow Swans, Rhys Chatham, Norbert Möslang), habitués de la programmation du GRM (Jana Winderen, Perila, Aho Ssan) et nouvelles têtes. Construits sur le schéma habituel (une pièce de répertoire puis quatre concerts) et dans l’ordonnancement habituel (vendredi et samedi soirs, dimanche en fin d’après-midi), ces trois plateaux accueillirent leur traditionnelle foule bigarrée et internationale, à laquelle on se mêla pour les deux premières séquences.

Diffusé par François J. Bonnet lui-même, en sa qualité de programmateur principal du festival, Eurydice du Polonais Włodzimierz Kotoński offrit tout d’abord tapotements et coups aux sons clairs et dotés de réverbération, avant d’ajouter des petits sons plus acérés. Bien équilibré, cet ensemble de quinze minutes, entre musique expérimentale et concrète, s’avéra une très bonne ouverture de programme.

Julia Giertz

Régulièrement articulé avec le GRM, le studio EMS de Stockholm dépêcha l’une de ses ingénieures du son, également artiste musicienne (principalement en live), pour une prestation de vingt minutes donnée depuis la scène du studio 104. Debout derrière sa table, sur laquelle deux sculptures en métal trônaient avec ses machines, Julia Giertz livra des souffles concentrés, avant une montée en puissance tendue vers de fortes saturation et distorsion, couplées à des cris produits par la Suédoise elle-même.

Placé à la console et vêtu d’un simple t-shirt, Norbert Möslang joua davantage sur la spatialisation du son rendue possible par l’acousmonium, cet ensemble de haut-parleurs disposés sur une scène baignée de rouge pour l’occasion. Dense et riche, le Piano_Boccia_6 de celui qu’on connut tout d’abord comme membre de Voice Crack, avant de constituer d’autres formations (tel MKM avec Günter Müller et Jason Kahn), se forma à partir de vagues sonores serties de reflets métallico-industriels, dans une veine électroacoustique bien typique de Présences Électronique.

Katarina Gryvul

Après l’entracte, place à une petite singularité pour le festival avec un concert à la vielle à roue, instrument qu’on croise de temps à autre chez ceux qui réinventent la musique folklorique, mais jamais, de mémoire, à cette manifestation. Venue d’Ukraine, Katarina Gryvul relia son instrument à son laptop et s’assit, dans sa robe bleue, face au public. Envoyant quelques ondulations électroniques de son ordinateur, elle joua de la vielle en tournant la roue, soit de manière régulière, soit par à-coups, entraînant des nappes plus ou moins tenues et continues. Pendant que l’air se chargeait de ces différentes couches sonores, la jeune femme donna quelques vocalises et bribes de paroles, avant de moduler tout cela, au risque de la grandiloquence, et de se diriger vers une fin très saturée.

Yellow Swans

Tête d’affiche de la soirée, Yellow Swans eut droit d’interpréter deux morceaux, pour une bonne quarantaine de minutes de concert, en préambule de laquelle Gabriel Mindel Saloman saisit le public en diffusant un texte préenregistré où il annonça être atteint d’un cancer du poumon, ce qui l’incitait à limiter sa parole et avait conduit à la création d’Air Matérial, premier des deux titres joués ce soir. Ceint d’une guitare électrique et manipulant ses machines, l’Étatsunien faisait face à Pete Swanson, grand et massif, dévolu aux seules machines et placé de l’autre côté de la grande table qui les séparait. Après un poème de Saloman, lancé de son laptop et traduit en français, sur le même enregistrement, par Félicia Atkinson, des souffles longs arrivèrent, puis des accords de guitare assez prenants entrèrent en jeu. Beaucoup plus saturé, Peace Eternity permit à Yellow Swans d’emplir l’espace sonore jusqu’à une forme de déflagration impressionnante, laissant penser que, malgré tout, la musique l’emporterait toujours.

François Bousquet
le 16/02/2026

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