(Thanatosis Produktion / Import)
23/01/2026
Electronique

Deuxième volet d’une trilogie annoncée sur Thanatosis Produktion, Hundred Tongues conserve les fondamentaux d’Erik Klinga : sortie en tout début d’année civile, pochette en noir et blanc avec un reflet craquelé, et utilisation du synthétiseur Buchla 200. Mais, pour ce nouveau volume, le Suédois s’est aussi appuyé sur un orgue du XVIe siècle, trouvé au musée d’arts de Malmö, dont on entend très clairement, dès le morceau d’ouverture (Spring To Mind), le son caractéristique (l’air qui passe dans les tuyaux, le jeu sur les touches et pédales). Plus loin (Fall Again), c’est un aspect plus solennel, presque sentencieux, de l’orgue qui se fait entendre, avec notes et accords appuyés.
Capable aussi de faire respirer cet orgue, Klinga peut y associer des pépiements d’oiseaux, dans un geste moins révérencieux (Conspiracy of Silence). En outre, sans céder à la fascination pour cet instrument, Erik Klinga continue de servir à son auditoire des notes plus lumineuses, comme des touches étincelantes perçant les field recordings (le mal-nommé Opaque Stars).
Occupant seul la face B de cet album publié en vinyle, pour son format physique, le morceau-titre croise parfaitement l’orgue et le synthétiseur, sachant pondérer avec justesse les penchants de l’un et de l’autre, avec une précision notable. Long de près de dix-neuf minutes, cette pièce travaille les habituels sentiments d’étirement et de divagation éprouvés à l’écoute de telles propositions, mais avec une faculté à ne pas en être dupe, compte tenu de ce qui a précédé.
le 26/02/2026