Closer Music 2026 : feeo / Lol K / V/Z

 date du concert

21/02/2026

 salle

Lafayette Anticipations,
Paris

 tags

Lafayette Anticipations / Valentina Magaletti

 liens

Lafayette Anticipations

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Mobile dans ses dates hivernales (alternant fin janvier, début mars et fin février, selon les années), le festival Closer Music conserve une même appétence pour les noms rares et l’exploration de registres assez variés ou de scènes spécifiques. Pour cette édition 2026, Étienne Blanchot a fait le choix de mettre l’accent sur la scène alternative londonienne, avec un focus sur le label AD 93 (chez qui publient trois des six formations programmées sur ces deux jours), qu’on avoue découvrir pour l’occasion.

feeo

En ouverture de la soirée du samedi, feeo débuta par un premier titre très intéressant, dans lequel, après avoir envoyé quelques rythmiques, elle posa voix et électronique issue de son clavier séquenceur, rejointe à la fin par quelques traits de guitare électrique de son partenaire de scène. La suite du set offrit moins de guitare, mais des basses plus saturées, et vit la voix de Theodora Laird être superposée et samplée en direct. Parfois donnée en spoken word, ce timbre interprétait des paroles volontiers narratives et put même aller chercher de belles émotions (comme sur un titre où la six-cordes joua en arpèges, face à des samples de petits roulements de cymbale, ou un autre où la Britannique s’avança sur scène, délaissant son clavier, tandis que la guitare passait de nappes à des arpèges dans les graves).

Pour le reste, le concert nous parut manquer un peu de densité et de richesse, voire d’épaisseur, compte tenu du choix d’une électronique-ambient peu chargée. Histoire de clôturer ces quarante minutes sur une bonne note, feeo revint, pour terminer, un peu au schéma du premier morceau, ce qui lui permit d’obtenir une belle salve d’applaudissements de la part d’un public venu en nombre (la soirée était complète depuis quelques jours) dès 19h.

Lol K

Seule proposition de la soirée non signée sur AD 93, Lol K enchaîna avec une sorte de post-trip-hop, un peu poisseux et au tempo lourd, comme empesé. Multi instrumentiste, CJ Calderwood alternait pad (pour des coups sourds), saxophone alto et flûte à bec. Au bout d’un morceau, il quitta son sweat à capuche pour se retrouver en t-shirt sans manches et jouer le rôle du gars sexy et torturé, avec sa voix plus claire et son fort accent londonien. Posté aux machines ou ceint d’une guitare électrique, Junior XL intervenait de sa voix plus grave, pour chanter en duo avec son comparse.

Servi par une grosse dose de fumée et de superbes lumières (laser rouges ou verts émanant de sept cercles situés sur le mur de fond de scène, ou bien deux pans verticaux blancs qui compartimentèrent presque la salle), Lol K livra des morceaux qu’on aurait parfois aimé être arrêtés moins tôt, et qui se montrèrent beaucoup moins singuliers en l’absence d’électronique (tel ce titre avec chant contre arpèges de guitare). Rejoints par feeo pour le dernier titre, les Londoniens y gagnèrent la clarté et luminosité de son timbre, pour sortir avec une couleur un peu autre de cette petite quarantaine de minutes.

V/Z

Autre duo, V/Z combinait basse, d’une part, et clavier, batterie électronique et guitare électrique, d’autre part. Les rythmiques franches, lancées par Valentina Magaletti sur les trois capteurs de la batterie, étaient accompagnées de quelques coups en cadence sur un bol en étain ou une petite cymbale, et bénéficiaient d’une sorte de double apport : les frappes directes étant entendues du public, comme les sons de caisse claire provenant de ces frappes. D’autres apports rythmiques étaient également convoqués, soit électroniques, soit plus analogiques comme ces sons précédant une sonnerie de téléphone portable. Alors qu’on s’attendait à une prestation entièrement instrumentale, la voix de Cathy Lucas fut lancée pour Habadash, excellent morceau où ce chant se posa sur des accords tenus de synthé, une ligne de basse et une rythmique claire, pour un résultat long en bouche et pour lequel une très grande partie du public remua doucement.

Si, plus tard, les arpèges de guitare électrique joués par la gauchère Valentina Magaletti sonnèrent trop aigus et métalliques, et ses accords de clavier façon orgue électrique trop évidents en face de rythmiques réverbérées, le concert navigua entre post-punk (ces rythmiques heurtées et cette basse bien ronde) et électronique, escorté par des stroboscopes et autres lumières clignotantes, venues en appui des morceaux aux pulsations syncopées. Pour finir, la guitare de l’Italienne dialogua avec la basse de Zongamin sur Candles (Version), dans un beau format proche de la ballade, soutenu par pulsations régulières, avec quelques vocalises de la jeune femme, afin de finir de se convaincre que la soirée était bien allée crescendo en qualité.

François Bousquet
le 23/02/2026

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