Bellbird

The Call

(Constellation / Modulor)

 date de sortie

06/02/2026

 genre

Jazz

 style

Contemporain

 appréciation

 tags

Constellation / Contemporain

 liens

Constellation
Modulor

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Pour Constellation, il n’est finalement pas aussi fréquent de signer un groupe de pur jazz. Certaines formations du label de Montréal flirtent, effectivement, avec le genre mais se situent davantage du côté de l’improvisation et de l’expérimentation. Avec The Call, premier véritable album du quatuor Bellbird, c’est un style assez classique qui se voit choisi, singularisé par son instrumentarium : aux côtés de la traditionnelle section rythmique, ce sont uniquement des saxophones qui interviennent. Point de piano ou de guitare, donc, chez cet ensemble canado-coréen (la batteuse, basée à Vancouver, vient effectivement de Corée du Sud), mais la volonté d’utiliser au maximum les instruments à vent pour offrir des titres enfiévrés, marqués par des partitions enlevées et une batterie syncopée.

Les thèmes successifs mis en place, les instruments de Claire Devlin (saxophone ténor) et Allison Burik (saxophones alto et basse) rivalisent ainsi dans des formes enflammées sur la totalité des huit morceaux, superposant leurs lignes et leurs tonalités, avec des expressions parfois trop surchargées ou trop ostentatoires. De même, l’écriture de Bellbird se fait, à quelques endroits, trop prévisible, quand les partitions de saxophones se rejoignent en fin de titre, jouant la même mélodie après avoir divagué chacun de son côté. Bien accordés, les membres du quatuor savent aisément coordonner leur travail, à l’image de cet échange entre caisse claire, basse slapée et saxophone détimbré sur le morceau-titre.

En parallèle, Eli Davidovici et Mili Hong peuvent aussi témoigner de leurs capacités, se voyant conférer quelques dizaines de secondes au milieu de Murmuration, par exemple, dans lesquelles le cadre de caisse claire dialogue intelligemment avec les notes de basse. Autre moment moins agité, Phtahlo Green voit les saxophones agir dans un registre plus suave et profond, moins démonstratif. Plutôt bienvenu, ce type d’intermède se fait toutefois trop rare, et aurait permis à l’auditeur de bénéficier de quelques plages de répit au milieu de ces quarante-cinq minutes presqu’harassantes. Voici typiquement le genre de formation qu’on apprécierait certainement davantage sur scène que sur disque.

François Bousquet
le 05/03/2026

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