06/03/2026
Nouveaux Sauvages,
Montreuil
En ouverture de cette nouvelle soirée programmée par Sport National, Florence Cats se plaça, en chaussettes, face aux spectateurs pour frapper une cloche en cristal avec un bâton en bois, puis agiter l’objet dans l’air. Les grands huit faits avec son bras permirent d’amplifier le tintement du cristal, matériau qu’elle retrouva plus tard, en passant le même bâton sur les bords d’une sorte de vase. Entre performance et musique, sa prestation convoqua, ensuite, un theremin, joué en même temps que la Bruxelloise secouait ce qui sembla être une corde. Les sifflements dans l’air de cette dernière se mêlaient, alors, à ceux issus du theremin, plus ou moins marqués dans ses aigus, dans un croisement relayé par quelques mini-vocalises ou miaulements captés par un micro-cravate.
Dans la gamme des matériaux utilisés par la jeune femme, on releva aussi une feuille d’aluminium, un peu d’eau, des clochettes et, enfin, le retour de la cloche en cristal. Lumineux et sensible, ce concert de vingt-cinq minutes fut salué par la quinzaine de personnes présentes au sous-sol des Nouveaux Sauvages, bar de la place Croix de Chavaux de Montreuil.
Assis devant ses machines au fond de la cave, Mickaël Halley prit le relais pour une autre petite demi-heure, mais d’électronique ambient onirique cette fois-ci. Des bruits d’eau parcourus de grésillements, des gazouillis d’oiseaux et des notes cristallines et scintillantes furent, ainsi, lancés par le Parisien, devant lequel deux hautes bougies avaient été allumées. Ses compositions arythmiques n’étaient ainsi pas loin de la berceuse, et le public ne s’y trompa d’ailleurs pas, quelques-uns de ses membres s’allongeant à même le sol tandis que les autres étaient assis, attentifs.
Tête d’affiche de la soirée, le duo ugne&maria, d’origine lituanienne et basé à Bruxelles, tourne régulièrement sous cette forme (elles se produisirent, ainsi, à une soirée du Non_Jazz fin 2024) ou séparément (Marija Rasa Kudabaitė joua à une soirée Akousma du GRM, cette même année 2024), mais nous n’avions pas encore eu l’occasion de croiser leur route. Alors que le public s’était un peu renforcé, les jeunes femmes livrèrent quarante-cinq minutes d’une électronique façon dub downtempo, parfois minimaliste, singularisé par l’apport d’un violon. Joué à l’archet ou en pizzicati par Ugnė Vyliaudaitė, l’instrument se voyait être réverbéré et intégré à l’électronique. Ses lignes mélodiques pouvaient aussi être samplées et mises en boucle, incorporées savamment au reste du propos, dont les concours purement électroniques, issus des machines de Marija Rasa Kudabaitė.
Avec ses caractéristiques typiques du registre choisi (pulsations sourdes, bribes vocales, écho mis sur les coups de caisse claire numérisés), la musique d’ugne&maria, qui concluaient ici leur petite tournée européenne, emplit habilement l’espace souterrain, bien que manquant parfois de continuité ou de liant. Au bout d’une demi-heure, le propos gagna avantageusement en densité, avec une plus grande richesse des compositions et davantage de couches rythmiques, bonne conclusion d’une prestation globalement convaincante.
le 09/03/2026