Louis Albertosi
Louis Albertosi
du 10/03/2026 au 13/03/2026
Théâtre Ouvert,
Paris
Après les « disques de confinement » et la « littérature de confinement », place aux « pièces de confinement », dont ce Veiller sur le Sommeil des Villes constitue un exemple tout à fait topique. À la façon d’un théâtre-documentaire, Louis Albertosi nous raconte, ainsi, son parcours dans le Pas-de-Calais, pendant un mois, à l’été 2020. Accoutré en ange, il y croisa quelques rares personnes, visita des lieux, constata le calme et le vide des villes et réfléchit sur l’existence. Le début du spectacle le voit exposer son projet, interrogé dans une parodie d’émission littéraire de France Culture pour présenter le livre tiré de cette expérience. Rapidement, cet exercice vire au grotesque et drolatique, avec exagérations de la présentatrice (qui ne lui laisse que peu la parole, convoque des citations surplombantes) et dérapages généralisés (la table tourne, les meubles se renversent, etc…).
En contrepoint de cette interview, qui reviendra régulièrement tout au long du spectacle, le voyage de Louis Albertosi se trouve recréé sur scène, au départ d’Arras et mis sous la tutelle des Ailes du Désir de Wim Wenders. Avec son visage très expressif (la première image du spectacle le voit incarner Le Désespéré de Gustave Courbet), le comédien diffère donc de Bruno Ganz, et s’investit beaucoup plus dans ses rencontres et interactions. Un décor un peu rudimentaire (cartons et accessoires) permet de figurer façades d’église, statues, voitures et bâtiments, favorisant l’identification des villes visitées, tandis que Mathilde Auneveux, non contente de s’éclater dans le rôle de la présentatrice radio, compose tous les personnages croisés par l’écrivain.
Côté jardin, un piano droit voit Arno Dedeycker donner quelques intermèdes ou accompagnements du chant d’Albertosi, qui n’hésite pas à livrer une interprétation d’un morceau de Jean-Philippe Rameau, relecture donnant bien le ton d’un spectacle décalé et picorant dans ses références. Précisément, c’est aussi ce qui fait la limite du projet, possiblement pas assez tenu et manquant d’un regard extérieur qui lui aurait permis de se décentrer. Restent toutefois quelques moments poétiques et une certaine candeur dans le regard.
Autres dates :
– du 18/03/2026 au 28/03/2026 : Théâtre Nanterre-Amandiers
– 10/04/2026 : Barcarolle - Saint-Omer
le 16/03/2026