11/04/2026
Chapelle de l’Immaculée,
Nantes
Direction la Chapelle de l’Immaculée pour la suite de ce samedi après-midi afin d’assister à une proposition, affichant complet, venue d’Ukraine. Debout derrière son synthé modulaire, Heinali se tenait aux côtés d’Andriana-Yaroslava Saienko, vocaliste chargée d’interpréter deux chants écrits au XIIe siècle par une religieuse. Une note tenue du premier et un chant murmuré, mais vaillant, de la seconde ouvrirent le concert avant qu’après une dizaine de minutes, le timbre s’affermit, la voix se fit plus puissante en même temps que le drone s’épaississait et se chargeait. La saturation provenant du synthé modulaire se fit alors de plus en plus forte, surtout quand Andriana-Yaroslava Saienko cessa de chanter, permettant à son comparse d’occuper tout l’espace sonore.
Le deuxième morceau fut chanté en latin, beaucoup plus affirmé d’entrée, poussé presque jusqu’au cri, avec un engagement plus marqué du corps de l’Ukrainienne (bras écartés, buste balancé). Pour sa part, le synthé modulaire d’Heinali se montra moins homogène, offrant quelques poussées et traitements d’un signal aigu qu’on put prendre pour une réminiscence de la voix de son acolyte, mais aussi comme un sifflement de missiles. En parallèle, l’arrière-plan ondoyant pouvait figurer une sonnerie d’alerte, conduisant naturellement à penser au contexte géopolitique et guerrier qui frappe l’Ukraine. Habillés tout en noir (costume et t-shirt d’une part, robe longue à fines bretelles d’autre part), les jeunes gens se situaient, esthétiquement, dans cette forme évocatrice que le rappel renforça. Avec un chant encore plus habité (sa mâchoire tremblait fortement), possiblement en ukrainien, Andriana-Yaroslava Saienko impressionna par son investissement, sublimé par l’atmosphère et l’acoustique de la Chapelle de l’Immaculée.
le 17/04/2026