Festival Variations 2026 : Ganavya

 date du concert

12/04/2026

 salle

Chapelle de l’Immaculée,
Nantes

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Chapelle de l’Immaculée / Festival Variations 2026

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Le concert de Fine ayant été annulé dans la semaine, c’est à la Chapelle de l’Immaculée, en milieu d’après-midi, que débuta ce dimanche au Festival Variations. Fort bien rempli, l’édifice religieux s’avéra particulièrement bien choisi (comme la veille pour le concert d’Heinali & Andriana-Yaroslava Saienko) pour profiter pleinement d’un concert très habité et prenant. Indonésienne d’origine, Ganavya officie dans un registre chanté très narratif, illustré par quelques mouvements de bras, de mains et claquements de doigts. Interprétés un peu éloignée de son micro, ses morceaux furent très majoritairement donnés dans sa langue natale et accompagnés d’un tapis musical.

Ganavya

Émanant d’une contrebasse jouée aux doigts, d’une guitare acoustique doucement grattée pour en produire un trémolo et d’arpèges de harpe dans les cordes aigues, ce soutien circulaire assurait plutôt une présence qu’une instrumentation, déconnecté qu’il était des lignes chantées par la jeune femme. Pour autant, le charme agit rapidement, à la fois par la grâce des différents morceaux que par le vibrato prononcé et la personnalité touchante de Ganavya, qui raconta, par exemple, qu’un des titres chantés était une berceuse que lui contait sa mère (elle qui va bientôt devenir mère ce qui, à l’entendre, modifiait sa voix), sur laquelle elle invita le public à fredonner deux notes, relayées par la contrebasse.

Le set avançant, l’orchestration se diversifia, la guitare allant vers des cordes frottées et étouffées, façon balais jouant sur une caisse claire, tandis que la contrebasse se fit plus arrondie et aux mesures plus identifiables. Le chant, en anglais, de Ganavya emmena le tout aux confins d’un certain jazz vocal, impression accentuée par le fait que l’interprète se recula pour laisser la harpiste livrer un solo. Après plusieurs morceaux issus de poèmes soufis ou palestinien, la dernière proposition constituait en la mise en musique du poème At last…Another’s Heartbeat de Marcellus Williams, Étatsunien condamné à mort et exécuté en 2024. Contrebasse à l’archet et accords de guitare grattés y accompagnèrent l’Indonésienne qui alterna paroles en anglais et quelques vocalises, en introduction, dans sa langue maternelle. Ne s’y trompant pas, le public, nombreux, se leva immédiatement pour applaudir et saluer cette prestation poignante.

François Bousquet
le 22/04/2026

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