Flore Laurentienne

 date du concert

16/04/2026

 salle

Centre des Arts,
Enghien-les-Bains

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Découvert en France à l’occasion de sa venue aux Transmusicales de Rennes fin 2023, Flore Laurentienne est le projet d’un Québécois, compositeur et multi-instrumentiste, dont la tournée européenne ne proposait qu’une date en France, en toute fin de parcours. Pour son premier concert francilien, c’est le Centre des Arts d’Enghien-les-Bains, belle salle (fauteuils confortables, accueil soigné, à proximité immédiate de la gare) assez bien remplie, que la formation canadienne a sélectionné. Classiquement disposé en arc de cercle, avec un quatuor à cordes (violons, alto et violoncelle) côté jardin, synthé et machine côté cour pour Mathieu David Gagnon et un autre multi-instrumentiste au milieu, le groupe y livra près d’une heure et demie de pièces tenant aussi bien d’instrumentaux cherchant à évoquer les grands espaces et la nature de son pays, que d’un certain krautrock.

Flore Laurentienne

Les pièces se trouvaient enchaînées deux par deux et, plus rarement, jouées unitairement, présentées à chaque fois par le meneur de Flore Laurentienne. Volubile et doté d’un humour pince-sans-rire assez réjouissant, le jeune homme n’hésitait pas à rire du Canada et de la France, bien aidé par son accent dépaysant. Si les morceaux fortement portés sur la conjonction cordes-synthé purent paraître un peu redondants, la présence, au centre, d’une batterie permit, sur certains titres, de s’orienter vers des rivages quasi-post-rock. Doué, le musicien chargé de cet instrument pouvait aussi passer aux synthés analogiques ou au vibraphone, voire jouer de ce dernier, en fourche (deux mailloches dans une seule main), de la main gauche, et réserver main droite et pieds à sa batterie.

Autre moyen de varier l’instrumentation, quelques morceaux furent attaqués en pizzicati au violoncelle seul (Petit Matin) ou par trois des cordes (Fleur). Il en résultait une tonalité plus primesautière, soulignée en creux par l’absence de batterie. Forcément, à vouloir se faire évocateur, on tomba parfois dans un aspect trop littéral (les arpégiateurs de synthé utilisés massivement pour figurer l’eau du Saint-Laurent), comme on chercha également, sur Fleuve, trop ouvertement l’émotion avec une montée de cordes ostentatoire. Pour autant, et malgré aussi un rappel (La Nuit Bleue) trop monotone, avec son long diminuendo, la prestation méritait d’être chaleureusement saluée, à la fois pour la sincérité et la fraîcheur de ses interprètes, que pour sa qualité musicale d’ensemble.

François Bousquet
le 24/04/2026