Charles Dubois : Battements suspendus

 date du concert

25/04/2026

 salle

Crédac,
Ivry-sur-Seine

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Un peu à la différence de concerts donnés au cœur d’un musée ou centre d’art (qui jouissent juste de l’espace sans interférer avec lui ou les œuvres qui y sont présentées), la prestation proposée par Charles Dubois en ce samedi après-midi ensoleillé a été conçue comme un véritable dialogue avec les créations de Cynthia Lefebvre. Occupant toute la grande salle du Crédac, la jeune femme y a disposé de nombreux idiophones (cloches, bols, pots, grelots), principalement en céramique qui, en temps normal, sont actionnés à heure fixe ou par l’effet de l’air.

Invité par celle-ci à « jouer » de ses œuvres (pour une performance justement appelée Battements suspendus), le percussionniste Charles Dubois débuta par un temps de mise en place, disposant mailloches et bâtons à divers endroits du plateau, préfigurant le caractère ambulatoire du concert. Passée cette période d’installation, il rejoignit Tremble - 1er janvier 2024, suspension d’une vingtaine d’éléments (sortes de cloches), frappés successivement, à la recherche de l’intervalle sonore le plus pertinent pour figurer une simili-mélodie. Se dirigeant ensuite ses Campaniformes, suite de bols et pots de toutes tailles, il les fit sonner avec une mailloche, ou tinter grâce à un bâton tourné en leur sein.

Plus tard, un gros grelot tenu au bout d’une corde fut mis à contribution, puis les bâtons de Faire avec, dotés de feutre en leur extrémité, qu’il frotta sur le sol en béton inégal, donnant des sonorités différentes. Des petits grelots et cailloux répartis dans une caisse furent secoués, et des gobelets en céramique frottés par terre, complétant le passage en revue des idiophones, dans un concert où le Français bénéficia d’un travail de sonorisation variable (quelques œuvres étaient affublées de micros, d’autre non) mais surtout d’une écoute et d’une attention significatives de la cinquantaine de personnes présente, se déplaçant en même temps que lui.

Avec leurs couleurs un peu ternes ou éteintes (gris bleu, ficelle, taupe clair, beige), les idiophones en céramique faisaient état d’une esthétique « pauvre » (au sens hérité de l’arte povera), tout à fait adapté aux œuvres et à la prestation où, par de simples frappes et roulements comme figures récurrentes, Charles Dubois établit qu’au final, tout peut bien faire son.

 ce concert sera à nouveau donné au Crédac le dimanche 7 juin à 16h

François Bousquet
le 29/04/2026