16/05/2026
Maison de la Radio et de la Musique,
Paris
Dans un studio 104 rempli environ aux deux-tiers, ouverture d’un nouveau week-end programmé par le GRM, avec une soirée « Akousma » et une autre de « Live Electronics ». N’assistant qu’à la première des deux propositions, on y retrouva le format traditionnel de ce type d’événement : une pièce de répertoire et quatre concerts, tous donnés depuis la console et ayant vocation à interagir avec l’acousmonium, disposé en majesté sur scène et éclairé comme il se doit.
Le plateau débuta avec la diffusion du Phoenix XXI de Francis Dhomont par Nicolas Debade. Pièce caractéristique de ce qui est offert dans de telles conditions, ce quart d’heure croisa sonorités aigues (façon notes de violon), apports plus métalliques et passage d’un canal à l’autre dans un bon usage de l’acousmonium. Idéal pour se mettre en jambes, ce morceau fut suivi par la prestation d’Armando Balice (seule découverte de la soirée), entamée par des crépitements et souffles de plus en plus présents. Davantage de rugosité et profondeur caractérisaient I Shut My Eyes And They’d Gone, ainsi qu’une prise d’ampleur assez nette, jusqu’à donner l’impression d’une vague sonore qui submergea tout, et qui sollicitait principalement les deux gros haut-parleurs en demi-sphères placés en fond de plateau. Émergeaient simplement de cet amas dense quelques cordes, avant un retour au calme en fin de morceau.
Déjà venue au studio 104 il y a près de cinq ans, pour une pièce déjà commandée par le GRM, Marja Ahti a poursuivi son compagnonnage avec le centre de recherche en amont de la présentation de Reluctant Gravity. Partie de percussions et d’un kantele (sorte de cithare traditionnelle), la Suédo-Finlandaise en a tiré une pièce dont le début travailla toutes les facettes de l’acousmonium, avec des sons micro-électroniques et électroacoustiques, ainsi que des froissements, allant dans tous les sens, sur scène et dans la salle, mobilisant tout l’éventail des haut-parleurs. Recentrée par la suite, sa composition se fit la plus pertinente et consistante quand les cordes tirées et une cymbale furent convoquées, mis en regard des larsens et sons acérés.
Nom régulièrement croisé dans les programmes des lieux expérimentaux, Aude Rabillon est adepte des field recordings. Avec Ma Nuit, il s’agit, effectivement, d’engager des captations diverses : sirène d’ambulance, éclats de voix provenant d’une fête foraine, réclame émanant d’une voiture de cirque, gazouillis d’oiseaux, etc… En face, l’électronique de la Française prit progressivement de l’ampleur, jusqu’à presque tout saturer avec des rythmiques.
Chargé de clore la soirée, John Chantler fait partie de ces musiciens très productifs, mais qui ne se singularisent pas toujours. Avec Presque Tout et Rien à la Fois, tout juste créé, il combina accords appuyés et nappes plus scintillantes, ainsi que des éléments microélectroniques pointus. Avec peu de spatialisation, l’Australien ne profita pas autant que possible du dispositif scénique, confirmant la relative déception engendrée à l’écoute de sa pièce.
le 21/05/2026