Clair-obscur

 date

du 04/03/2026 au 24/08/2026

 salle

Bourse de Commerce,
Paris

 appréciation
 tags

Alberto Giacometti / Alina Szapocznikow / Bill Viola / Bourse de Commerce / Bruce Nauman / Danh Võ / Pierre Huyghe / Wolfgang Tillmans

 liens

Bourse de Commerce

 dans la même rubrique
du 18/01/2026 au 22/03/2026
Pierre Charpin & Nathalie Du Pasquier : Andiamo
(Crédac)
du 17/02/2026 au 18/04/2026
L’Argument du Rêve
(Fondation d’entreprise Ricard)
du 20/01/2026 au 14/03/2026
Louise Mutrel : Starlight Express Club
(Galerie Édouard-Manet)
du 22/10/2025 au 15/02/2026
Melvin Edwards
(Palais de Tokyo)

Plusieurs critiques de presse ont déjà relevé que l’intitulé de Clair-obscur, nouvelle exposition d’ampleur présentée à la Bourse de commerce était assez trompeur. De fait, s’annonçant comme une déclinaison contemporaine du « chiaroscuro » italien, le parcours ne présente, en réalité, que peu de lien avec la technique caravagesque, mais possiblement davantage avec les sujets saisis par ce courant, et un rapport très prégnant avec la mort. C’est donc avec cette double réflexion en tête qu’on arpenta les différents niveaux du bâtiment, en commençant par la Rotonde, réceptacle d’une unique œuvre, une vidéo de Pierre Huyghe, projetée sur un immense écran. Réalisée en plein désert d’Atacama, elle montre un robot filmant un squelette, avec minutie et attention, manière de bien nous faire comprendre que tout tournera autour de la fin de vie et de ce qu’il en reste.

Bill Viola - photogramme extrait de Fire Woman
(courtesy François Pinault Collection)

La noirceur qu’on associe assez naturellement à la mort irrigue aussi largement l’exposition, dans les photographies de Wolfgang Tillmans par exemple. Plus généralement, comme tout étant dans tout, dès qu’un artiste propose quelque chose de sombre et torturé, il se trouve incorporé au parcours : créatures de Germaine Richier, sculptures ascétiques d’Alberto Giacometti, trauma de l’exil chez Danh Võ, personnage en goudron et gravier de Jean Dubuffet, etc… Aux hybridations chimériques et (souvent) de mauvais goût d’Alina Szapocznikow répond l’installation 3 Heads Fountain de Bruce Nauman, avant d’arriver à l’œuvre la plus saisissante de l’exposition : une grande vidéo verticale de Bill Viola, dans laquelle eau et feu se confondent, pour engloutir un personnage féminin dont on ne distingue que les contours (Fire Woman).

Soit la promesse de tourner autour du chiaroscuro n’est donc pas vraiment tenue (mais peut quand même donner lieu à des créations intéressantes), soit c’est l’inverse. Avec la salle consacrée au peintre roumain Victor Man (le spectateur étant habilement mis en condition avec des murs noirs et des fenêtres parées de films occultants), on est ainsi bien dans le thème mais on est resté largement insensible à ces représentations macabres, voire morbides, de portraits féminins, à l’image des trois personnages de Titiriteros, éclairées à la bougie façon post-Greco, et qui sert d’affiche à cette exposition.

François Bousquet
le 29/05/2026

À lire également

du 14/03/2013 au 12/05/2013
Paint It Black
(Le Plateau / FRAC Île-de-)
du 24/05/2014 au 02/03/2015
1984-1999. La Décennie
(Centre Pompidou-Metz)
du 25/09/2013 au 06/01/2014
Pierre Huyghe
(Centre Pompidou)
du 08/10/2025 au 19/01/2026
Minimal
(Bourse de Commerce)