Colleen

Libres Antes Del Final

(Thrill Jockey / Bigwax Distribution)

 date de sortie

20/03/2026

 genre

Electronique

 style

Electronica

 appréciation

 tags

Colleen / Electronica / Thrill Jockey

 liens

Colleen
Thrill Jockey

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Dans la continuité stylistique de Le Jour et la Nuit du Réel, Colleen se concentre sur un synthé, analogique semi-modulaire (le célèbre Moog Matriarch), pour interpréter avec ce seul instrument l’intégralité de son nouvel album. Toujours basée à Barcelone, la Française y tire une inspiration plus prononcée qu’auparavant : le titre de l’album et ceux des morceaux sont, ainsi, en castillan ; la version LP est publiée dans un beau vinyle turquoise et la mer Méditerranée qui borde la capitale catalane, semble être entendue çà et là.

Au-delà de ces aspects, plusieurs sonorités témoignent d’une certaine liquidité, contrepoint de lignes plus dures (celles de Puertas de mi Cuerpo, par exemple) ou plus franches (celles d’Antídoto) qui, par leur caractère direct et sans fioritures, tranche avec le souvenir mitigé du disque précédent. Si la dimension un peu « vintage » du son provenant du synthé semi-modulaire demeure, avec les limites associées (cette impression, déjà éprouvée précédemment, que Cécile Schott est tellement fascinée par les instruments qu’elle utilise qu’elle se laisse presque guider par eux), le travail sur la durée (hormis le premier, pas un titre ne dure moins de six minutes et trente secondes) produit un effet quasi-vertigineux plutôt pertinent.

Mélodiquement, il s’agit majoritairement, pour Colleen, d’enchaîner des lignes chromatiques, assez voisines les unes des autres (au risque de donner la sensation de ressasser les mêmes thèmes), les mesures répétées ne se superposant pas vraiment (outre le jeu des effets et delay) mais générant un sentiment captivant, invitant, dans le même mouvement, à l’introspection et au voyage (ou aux plongées dans les profondeurs, la musicienne indiquant avoir, récemment, réappris à nager en mer). Possiblement consciente de certaines carences de ses compositions, Cécile Schott termine son album par le morceau-titre, long de neuf minutes, aux sonorités beaucoup plus saturées, presque distordues, à même de bousculer l’auditeur, secoué par les aigus et poussées sonores.

François Bousquet
le 03/06/2026

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