(Kranky / Modulor)
27/03/2026
Rock

Continuité stylistique pour ce nouvel album de Pan•American, situé dans la veine post-rock alangui développée dans The Patience Fader il y a quatre ans. Bien à même de servir un propos général conçu autour des déplacements et voyages, au sens premier comme au figuré, ce choix de registre invite naturellement à la divagation, au gré des déliés de six-cordes (électrique comme acoustique), agrémentés de quelques éléments électroniques en arrière-plan. Le croisement des deux guitares se fait dans la lignée de ce que Mark Nelson avait développé en 2022 : une peut servir de basse et l’autre distiller des mélodies (Desert Under Bridge)
L’album avançant, l’électronique gagne un peu en assurance, prenant davantage de place. Les rythmiques se font plus fines (Heaven’s Waiting Room), plus précises, presque roulantes (Entrance To Afterlife), et les composantes électroniques savent se montrer hautement figuratives (ces notes quasi-cotonneuses sur Silver Tramway (In Snow) ; assez raccords avec l’intitulé du morceau). Une voix fredonne, par endroits, quelques mots ou notes (Death Cleaning, Golden Gate, Silver City) et les guitares peuvent aussi revenir au premier plan, pour des propositions au caractère possiblement trop émollient (Honeyman-Scott ou A Window In The Strings).
L’aspect hautement évocateur de cet album étant assumé, on n’en fera pas le reproche à Pan•American ; pour autant, Fly The Ocean In A Silver Plane se situe à la limite de la complaisance à cet égard, manquant un peu de consistance et de chair, l’États-unien ne bousculant pas suffisamment son bel ordonnancement.
le 05/06/2026