(130701 / PIAS)
10/04/2026
Electronique

Composé pendant un de ces longs hivers nordiques, Momentary Movements Of Lanscapes semble en porter les traces, avec son instrumentation plutôt minimaliste (quelques notes de piano droit, un peu de synthé analogique, des contributions de violon ou clarinette basse par-dessus), son atmosphère frémissante et ses intitulés de morceaux très sobres (Moment 1, Moment 2, etc…). Pour son premier album publié sur 130701 (après un précédent effort solo paru sur un label de Seattle en 2020), Juha Mäki-Patola s’inscrit bien dans la lignée de cette musique entre ambient et néo-classique que défend régulièrement, et avec globalement une certaine qualité d’ensemble, le sous-label de FatCat.
Le touché cotonneux du piano, l’enregistrement fait à la maison en utilisant des procédés un peu rudimentaires et le recours à des traitements soignés (écho, réverbération) traduit la volonté du Finlandais d’offrir un recueil d’une petite quarantaine de minutes dans lequel l’auditeur trouve un espace propre à l’introspection et à la divagation. Assez subtile, son écriture parvient à trouver un juste équilibre entre les deux registres auxquels il se réfère, allant chercher la simplicité du néo-classique et le caractère évocateur de l’ambient.
En outre, Juha Mäki-Patola se distingue par sa capacité à opérer dans une veine mélancolique comme à offrir quelques passages plus lumineux, par la grâce de touches graciles et soyeuses (Moment 8). Quand, au fil de l’album, on commence à se dire que celui-ci pourrait gagner en consistance, se montrant presque trop à distance, le Finlandais semble lire en nous, et sait mettre plus en avant son jeu de piano (Moment 9), opter pour une suite de mesures répétée, façon musique répétitive (Moment 10) ou introduire quelques arpèges de guitare (Moment 11). Globalement, d’ailleurs, Momentary Movements Of Lanscapes se montre de plus en plus intéressant au fur et à mesure de son avancée, comme s’il s’éveillait à lui-même.
le 09/07/2026