17/06/2026
Bleue,
Paris
Moins de deux mois après la sortie de Dream Temperature, très bon album dont nous rendrons très prochainement compte, Anenon a entrepris une courte tournée européenne, débutée à Paris. S’il est déjà venu quelques fois dans la capitale, on ne connaissait pas suffisamment sa musique, à l’époque, pour avoir repéré son passage, d’autant plus qu’il s’était produit dans des lieux non habituels (café près de la Place des Victoires, galerie à Pantin). Schéma identique sur ce point pour cette date parisienne de mi-juin, puisque l’Étatsunien est programmé à « La Bleue », nom choisi par un mélomane pour la série de concerts qu’il organise dans son appartement du XIXe arrondissement.
C’est donc entre les Buttes-Chaumont et le canal de l’Ourcq qu’on se rendit, en ce mercredi soir pré-caniculaire, pour une très bonne demi-heure de concert, donnée dans le salon d’un appartement haussmannien (moulures, doubles portes-fenêtres, balcon filant) face à un public sophistiqué (verres à pied de vin rouge en main et largement anglophone). Multi-instrumentiste, Brian Allen Simon n’est venu en Europe qu’avec un seul instrument, un aérophone, sorte de clarinette électronique (ou de synthétiseur à vent, c’est selon), doté de boutons sur son avant et de dispositifs de programmation à l’arrière. Avec quelques pédales à ses pieds, utilisées notamment pour sampler et superposer ses boucles, le musicien pouvait, ainsi, tirer des sons très différents de son instrument : ceux voisins d’une clarinette, mais aussi certains plus proches d’une flûte traversière, ou d’autres apparentés à des cris ou vocalises.
Entre ambient, improvisation et divagations un peu jazz, Anenon tirait parti des deux grosses enceintes positionnées de part et d’autre de la cheminée et des meubles à LP pour emplir l’espace sonore. Assis devant un large miroir, il faisait face à une trentaine de personnes, attentives et plutôt fascinées par les lignes prenantes servies par l’Étatsunien. Comme sur disque, les premiers morceaux servis nous parurent marqués par quelques petites difficultés dans leur conclusion, venant parfois trop abruptement. Mais, plus le set avançait, plus ces limites s’estompaient, au profit de développements plus conséquents, plus amples et plus chargés en saturation. Le jeu sur les pédales permit également à Brian Allen Simon de renforcer ce dernier aspect, avant de s’essayer, en rappel, à une reprise d’un morceau de Burial, aux notes plus syncopées.
le 22/06/2026