du 14/02/2026 au 19/07/2026
Le Plateau / FRAC Île-de-France,
Paris
Batia Suter / Clément Rodzielski / Étienne Bossut / Gaëlle Choisne / Jean-Luc Blanc / Koenraad Dedobbeleer / Le Plateau / FRAC Île-de-France / Ryan Gander / Stéphanie Cherpin
Reprenant le fil d’une pratique régulièrement suivie par Xavier Franseschi, son prédécesseur à la direction du FRAC Île-de-France, Céline Poulin présente une présentation d’œuvres de la collection institutionnelle, organisée selon un procédé curatorial spécifique. Le collectif Le Bureau/, convié par la directrice des lieux, est ainsi parti d’une anecdote contant la retouche par Pierre Bonnard d’un de ses propres tableaux exposés au Musée du Luxembourg, pour réunir des créations agissant dans ce registre de la relecture ou de la superposition d’un geste sur un autre, mouvement érigé en « syndrome » par l’intitulé de cette exposition collective plutôt intéressante bien que cette ligne conductrice s’avère diversement tenue.
Au rang des relectures, re-créations et repasses de l’ouvrage sur le métier, Ryan Gander part d’un extrait du film Basquiat de Julian Schnabel (déjà une évocation, donc) pour rejouer la scène de rencontre entre Basquiat et Warhol. Même remontée de moments vécus avec Stéphanie Cherpin dont la grande installation se veut mémorielle et curatrice (puisque c’est à la suite d’un accident que la plasticienne s’est mise à dessiner). Affichant trois prises de vue, glanées en ligne, de la sculpture du Groupe du Laocoon, hébergée au Musée Pio-Clementino de Rome, Koenrad Dedobbeleer confirme que point de vue, cadrage ou éclairage donnent des résultats différents, même d’un sujet commun. Plus prosaïque, Clément Rodzielski présente, avec La très pauvre heure, une grande aiguille d’horloge tachée de multiples gouttelettes de peinture, tombées pendant que l’artiste travaillait à l’atelier.
Assumées, ces accumulations trouvent un écho avec les propositions de My-Lan Hoang-Thuy (peintures constituées par des superpositions de couches), Batia Suter (nouvel extrait de son fonds de photographies de visages en noir et blanc). Par ailleurs, Gaëlle Choisne, avec Do you like my black ass or the black Artemis d’Eupheus part d’une œuvre existante (une sculpture d’Artémis d’Ephèse) pour y adjoindre des sacs plastique et poser le tout sur un support grillagé. De son côté, Étienne Bossut empile des moulages en résine d’un fauteuil design pour en faire une sorte de bête multicolore dotée de nombreux pieds.
Plus littéral dans son lien avec le procédé de Bonnard, Jean-Luc Blanc annonce vouloir retoucher, pendant les cinq mois que dure l’exposition, sa peinture Un peu étroit, portrait d’un jeune homme un peu gauche dans son expression, et vêtu d’un pull jaune. Voici qui donnerait presqu’envie de revenir voir cette présentation collective, afin de vérifier si, à l’image du récit relatif à Bonnard, tout cela est bien vrai.
le 23/07/2026