(130701 / PIAS)
05/06/2026
Rock

Intituler son album The Complexity Of The Simple alors qu’on livre depuis plusieurs années des albums et concerts de plus en plus minimalistes peut sonner comme un aveu, ou la reconnaissance d’une certaine radicalité qui touche à ses limites. Familières du travail de Sylvain Chauveau, ces pages ont pu relever que le Français avait possiblement trop poussé son geste vers l’épure ou l’ascèse. Revenu sur 130701 (sur lequel il avait déjà donné un disque, fin 2012), il paraît revenir aussi à un registre un peu plus instrumenté et, partant, un peu plus disert (même les titres du disque et de ses cinq morceaux traduisent cette prolixité retrouvée).
Glockenspiel et handpan interviennent ainsi régulièrement, pour former des mesures tenant aussi bien de lignes mélodiques que de propositions rythmiques, tandis qu’une guitare acoustique tisse des arpèges répétés. L’ensemble se veut inspiré par la visite du jardin zen du temple Tokaian de Kyoti et, de fait, on retrouve bien cette atmosphère spécifique, avec bruit d’eau qui coule et ambiance très reposante et propre à la méditation. Rejoint, sur Lignes Tranquilles Dans Le Gravier Blanc, par le fidèle Cyril Secq (d’Astrïd) à l’harmonium et à l’orgue, ainsi que par Tetuzi Akiyama pour une autre guitare acoustique, Sylvain Chauveau en profite pour croiser des sonorités assez aigues, à la limite du larsen et de la difficulté d’écoute.
Puisque la tentation d’un minimalisme travaillé n’est, par ailleurs, jamais loin, Wabi Sabi For Beginners ne met aux prises qu’un simple synthé, ne jouant, pendant près de dix minutes, qu’un seul accord, objet néanmoins de traitements (ondoiement, passage d’un canal à l’autre, long fondu en fermeture), tandis que Sen No Rikyu laisse une large place aux harmoniques de guitare, dont la résonance est laissée vivante pendant plusieurs secondes. Il en résulte un album exigeant et un peu trompeur, qui semble ne pas vouloir complètement abandonner le sillon suivi jusqu’alors.
le 09/09/2026