05/09/2026
Dynamo,
Pantin
Poursuivant un partenariat mené depuis quelques années, la Dynamo accueillait deux dates de la programmation « Under The Radar » de Jazz à la Villette. En complément, c’est même tout un après-midi (para-)musical qui était proposé, en ce samedi de rentrée, le collectif Coax (plutôt familier des Instants Chavirés) ayant pris possession du hall des lieux dès 16h pour une kermesse, avec stands ludico-musicaux (un jeu de fléchettes relié à un jukebox, par exemple) qui ravirent petits et grands. Pour la soirée, trois concerts étaient prévus, avec une coloration expérimentale marquée, dans des registres bien raccords avec Coax, servis par des artistes fortement reliés au collectif.
Lauréate d’un appel à projets lancé par Coax, Dalidacarnage prit place face au public debout (la Dynamo était en configuration escamotée), à côté de sa harpe et de plusieurs machines. Semblant dénuder quelques cordes de son instrument, la jeune femme travaillait le son lancinant tiré de ce geste, au delay et avec ses différents appareils. Explorant les possibilités offertes par sa harpe, Paola Avilès y accrocha pinces ou étouffoirs (façon « harpe préparée »), fit crisser ses mains sur la caisse de résonance, pinça quelques cordes ou, plus classiquement, en joua à l’archet. En complément, elle chantonnait, vocalisait, ajoutait des claquements de langes et des rythmiques électroniques.
À mesure que le set avançait, et nonobstant quelques difficultés à gérer sa puissance sonore (générant quelques larsens) et autres problèmes de sons, Dalidacarnage (vêtue d’une robe à manche longue d’un seul côté, façon fripe ou vêtement fait main) livra des morceaux plus riches et plus structurés. Schématiquement, plus ils contenaient d’électronique, plus ils nous parurent sortir de l’exercice expérimental un peu théorique sur son instrument.
Après une longue pause pendant laquelle, dans le foyer, un cours de danse collectif et politique fut proposé, on retrouva Autoreverse pour une quarantaine de minutes électriques et nerveuses, faites de déflagrations sonores diverses. Avec sa guitare électrique, largement saturée et frénétiquement grattée, Nina Garcia pouvait se coller à sa grande enceinte pour créer des boucles partant en larsen, ou bien dessiner un arc de cercle au sol avec le bout du manche de son instrument. De son côté, Arnaud Rivière percutait une cymbale, ou la frottait avec une tige en métal, jouait avec sa table de mixage et la connectique de ses câbles.
Des électrophones étaient également employés, dont même la manipulation, ou le fait de les lâcher sur la table, était utilisé pour constituer une couche de noise supplémentaire. En comparaison de ses sonorités exigeantes et éprouvantes, bien dans la lignée de ce qu’on avait vu il y a deux ans à Présences Électronique, le bruit des gobelets qui tombaient au sol, dans le public, paraissait presque plus clair et avenant.
Enfin, elle aussi ceinte d’une guitare électrique, Zoe Heselton monta sur scène après 22h30, pour une prestation de chansons soutenues par son instrument saturé. Comme un écho du set précédent, l’Anglaise se rapprocha de son ampli, traça des cercles au sol avec le manche, produisit larsens et distorsions. Spécificité, néanmoins, de son concert, son chant, quasi-parlé, à la limite parfois de la grandiloquence, donné d’une voix grave, se montrait à la fois narratif et habité.
le 08/09/2026