(n5MD / Import)
19/06/2026
Electronique

Un paysage de lac et d’arbres qu’on imagine enneigés (même si la peinture de Zinovia Arvanitidi, en noir et blanc, peut s’avérer trompeuse à ce sujet), une volonté annoncée de se situer dans la continuité de Breath, publié un an et demi avant : tout était en place pour que Greener Grass, Clearer Water voie Ocoeur rester fidèle à l’ambient arythmique qu’il déploie depuis Nouveau Départ, son album de 2023. Peu de surprises, donc, à l’écoute de ce nouveau long-format qui offre effectivement une quarantaine de minutes à des accords de synthé et autres plages invitant l’imaginaire de l’auditeur à vagabonder.
Mélodiquement assez peu développé, l’album propose, globalement, une succession de nappes. Quelques notes perlées peuvent toutefois venir, de leur transparence quasi-cristalline, illuminer Tomorrow, The Birds Will Sing, et confirmer le regard porté par Franck Zaragoza sur la nature et ses reflets, déjà présent grâce aux différents intitulés des dix morceaux de l’album : Clouds Never Die, Lumières, Remember The Sea, Blue Sky And Golden Leaves… Soulignant, à son tour, l’aspect volontairement mélancolique de la tonalité générale, un piano éclaircit Le Chemin du Retour et Silences, avec d’élégiaques mesures.
L’ensemble (nappes, notes, lignes de piano, intitulés de morceaux) se veut donc assez fragile, en tout cas pas trop surchargé, et, par endroits, pas loin de vaciller quand une vibration (un grelotement ?) s’empare des aplats de Blue Sky And Golden Leaves. L’émotion est plus ouvertement recherchée dans le caudal Your Smile, dans lequel le piano trace des mesures mélancoliques et aux jolies mélodies, un peu trop ostensibles cependant, et qui tirent trop l’ouvrage vers un néo-classique charmeur que le reste de l’album d’Ocoeur avait réussi à laisser loin de lui.
le 16/09/2026