(Kitchen. / Import)
10/07/2026
Electronique

En nommant son projet « Tokyo Bedroom Orchestra », Hiro Nakamura dit déjà beaucoup de ses intentions et de sa ligne de conduite. Sortant son album sur Kitchen., il apporte un indice supplémentaire, ce qui conduit l’auditeur à n’être guère surpris de retrouver des captations de bruits urbains (bribes de dialogues, fragments divers), apports d’éléments plus naturels (eau qui coule), quelques arpèges de guitare acoustique, des vocalises féminines (réalisées par Eri Sasaki), un violon (joué par la même comparse) et des traitements divers.
Les deux instruments acoustiques présents sur Tsuioku se répondent volontiers, à l’image des enchaînements de mesure sur Minamo, tandis qu’aux gouttelettes d’eau font écho des notes apparemment issues d’un Glockenspiel. Les petites mélodies que Tokyo Bedroom Orchestra propose peuvent prendre des atours assez lumineux (le morceau-titre), dans un geste globalement très délicat. De fait, l’album sait joliment marier les cordes (de guitare ou de violon) aux contributions électroniques, souvent enregistrées sur cassette, ce qui donne un rendu sonore parfois très étiré, quasi-baveux comme si la bande magnétique était mal réglée ou triturée. Quand ces apports s’avèrent plus directs, ils passent par le truchement de souffles qui, ici encore, s’apparient fort bien avec les quelques notes de guitare acoustique (Gekkai).
Pas forcément extrêmement singulier, au regard de ce que plusieurs autres musiciens ont déjà réalisé dans un tel registre, cet album se montre néanmoins suffisamment convaincant pour qui recherche quelque chose d’apaisant et de serein.
le 01/10/2026